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Libération de l'Île d'Oléron PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Administrator   
Jeudi, 02 Décembre 2010 15:49

L'HISTOIRE DE LA LIBERATION DE L'ÎLE D'OLERON

Journée du 30 avril 1945

 

 

Le lundi 30 avril à 5 h 00 du matin, l'opération "Jupiter" est lancée. 24 LCVP commandés par le lieutenant de vaisseau TANAN, 22 DUKW (camions amphibies), arrivés à Marennes la veille, et 42 bateaux de pêche, provenant de Marennes, du Galon d'Or, de Port-Lambert, d'Arcachon et de Saint-Jean-de-Luz, constituant quatre éléments de vague, espacés de 5 minutes, s'élancent du port de la Cayenne à Marennes, guidés par des pêcheurs oléronais. La préparation d'artillerie s'effectue dés 4 h 56 par le tir des 168 pièces de 90 mm à 220 mm de la 13ème brigade d'artillerie U.S, renforcée de 6 batteries du 1er Régiment de Canonniers Marins et d'une batterie du 16ème Groupe de FTA (Forces Terrestres Antiaériennes), dispatchées entre La Tremblade et Marennes.

À 6 h 02, alors que la température extérieure atteint -6°, la première vague d'assaut aux ordres du lieutenant de vaisseau Joseph DUPIN de SAINT CYR, aborde la plage de Gatseau dans un nuage de fumigènes, sous le feu ennemi d'un groupe de combat commandé par l'oberleutnant Klaus MARX, légèrement à l'ouest de la maison du canot de sauvetage, à l'emplacement de l'ancienne base américaine d'hydravions, construite en 1917. Les sapeurs de la section de déminage du capitaine PERRET (3/151ème Génie) créent des brèches dans les champs de mines. Aussitôt s'engouffrent 2 compagnies de fusiliers marins commandées par le lieutenant de vaisseau Michel FOUCHIER, qui se dirigent vers le préventorium de Lannelongue, et les fantassins du 2ème bataillon du 50ème RI, commandé par le capitaine Jean-Marie POITEVIN, qui sont chargés d'investir la pointe sud de l'île. À 6 h 30, une nouvelle vague d'assaut, commandée par le lieutenant colonel Gabriel TERMIGNON, transportant les 250 hommes du 3ème bataillon du 158ème RI (ex 1er Régiment du Gers / FFI), débarque sur l'île à son tour, rapidement rejointe par les sections de mitrailleuses lourdes et des groupes de mortiers. Elle établie la jonction avec les fusiliers marins à Lannelongue. A 6 h 45, la dernière vague d'assaut comportant le 3ème bataillon du 50ème RI arrive à son tour, suivie du service sanitaire et des véhicules légers.

En 45 minutes, 700 hommes (3 vagues d'assaut) ont été débarqués pour établir une solide tête de pont. On déplore malheureusement la perte de 6 hommes (2 officiers mariniers, pilotes de LCVP, 2 soldats du 158ème R.I morts de leurs blessures, ainsi que l'adjudant Gaston HOUPERT et le 2ème classe Sylvain CASSOU du 50ème RI) pour plusieurs blessés. A 10 h 00, le gros du matériel a été débarqué et près de 2 000 hommes (50ème, 158ème et 131ème bataillons d'infanterie, 6ème BPTNA) sont en état de combattre. La progression peut commencer. Deux groupements sont constitués : le "groupement Ouest" du lieutenant colonel CEZARD, alias "RAC

À 9 h 30, à la fin de la marée, 8 tonnes de munitions d'infanterie, 4 Dodges, 2 Jeeps et 1 Nebelwerfer (lance roquettes multiple de 150 mm) ont été débarqués.
A 11 h 00, le centre de Saint-Trojan est libéré par le 3ème bataillon "R" du commandant Louis DORBES du groupement Est, tandis que Saint-Trojan-Plage est atteint par le groupement Ouest qui, malgrè la pénibilité de la progression à travers bois, ne rencontre qu'une faible opposition à la Maison Forestière.

Vers 13 h 00, l'isthme des Allassins est pratiquement atteint, mais en amont de Grand-Village, entre la route départementale 126 et la côte Ouest, un immense champ de mines, derrière lequel se sont retranchés des Allemands, bloque la progression. 3 hommes du 50ème RI sont tués et plusieurs gravement blessés. Des mortiers et des mitrailleuses lourdes sont engagés pour déloger l'ennemi, mais il faudra l'intervention de 86 bombardiers B26C Marauder, du 42nd US Bomb Wing de la 1th Tactical Air Force, pourvus de 103 tonnes de bombes, entre 16 et 16 h 50, pour neutraliser définitivement le champs de mines et enfin reprendre la progression. Dans la soirée, les fusiliers marins s'installent aux Allassins, au nord de Grand-Village, où ils reçoivent une violente contre attaque de la part d'une compagnie d'intervention allemande basée à Dolus. Celle-ci engendre la perte de 4 fusiliers marins, occasionne la réplique des mortiers des fusiliers marins et nécessite l'envoi des deux compagnies du 6ème BPTNA du commandant Marcel GOVYS pour assurer la protection immédiate du village. Le groupement Est de son côté atteint Le Château-d'Oléron au moment où les commandos du capitaine Adrien CAPIN (1er bataillon du 158ème R.I) sont débarqués pour tenir Ors. Le Château est libéré vers 20 h 00.

Le 30 avril 1945, à la fin de la première journée, "Jupiter" est un véritable succès : sur les 8 882 combattants français qui seront engagés tout au long des 2 jours de l'opération, 3 200 ont été débarqués ; le matériel lourd -dont 5 chars Somua S 35 du 1er escadron du 13ème Régiment de Dragons commandé par le lieutenant de CHALEMBERT (transportés sur des pontons spéciaux construits par le 92ème Génie) et les 18 chenillettes Bren Carrier du 4ème escadron du 18ème Régiment de Chasseurs à Cheval, commandé par le lieutenant Jacques de FLEURIEU- a été acheminé malgré la destruction d'un LCVP ; l'artillerie a tiré 12 345 obus et l'aviation qui a effectué 326 sorties a largué 375,5 tonnes de bombes.
Le total des pertes humaines françaises s'élève à une douzaine de tués, ainsi que 6 civils, pour une quarantaine de blessés. La Division Oléron a capturé 180 prisonniers et la Résistance (réseau "Pré-Salé"), 212, qui seront acheminés tout au long de la journée sur la plage de Gatseau. Elle a, de plus, effectué de son côté de nombreux sabotages.

Journée du 1er mai 1945

Vers 1 h 00 du matin, les 207 membres du commando FOURNIER, composé des ex corps francs marins "Antony DUBOIS", "Camille ROUDAT" et "Marennes et Seudre" (capitaine Elie ROUBY), regroupés au sein du "Groupe Franc Marin Armagnac" (GFMA), débarquent à La Vieille Perrotine, entre deux positions allemandes. La flottille de 16 embarcations locales qui les a transporté provient de Marennes. Deux colonnes, formées par le capitaine de corvette Lucien FOURNIER et le capitaine Jean POIRIER, progressent, l'une en direction de La Cotinière (pour faire jonction avec le capitaine LECLERC qui a demandé du renfort), tandis que l'autre se dirige vers Dolus (atteint à 6 h 00) en faisant jonction avec le 2ème bataillon du 158ème R.I (à 11 h 00).

À 8 h 00, la progression des groupements CEZARD et MONNET reprend après une préparation d'artillerie des batteries des 12ème et 32ème RA (250 obus), auxquelles s'est joint le Nebelwerfer du capitaine ARENE (40 roquettes). Les Allemands qui tenaient les positions des Allassins se sont repliés durant la nuit. Le GFMA effectue la jonction avec le 158ème R.I vers 11 h 00, à la Gaconnière. Il réduit au cours de la journée les positions ennemies de Méré, La Rémigeasse (où la liaison avec le 50ème R.I est effectuée), Pierre-Levée et Moulin des Landes. Cette unité effectuera à elle seule prés de 600 prisonniers.
Vers 11 h 30, la 7ème compagnie du 50ème R.I (bataillon Violette) est accrochée par une mitrailleuse à La Rémigeasse. Le soldat Marcel NORMANDIN, originaire de Bourcefranc est atteint de plein fouet et décède sur le coup. Il sera le dernier mort Français de l'opération Jupiter.
À midi, La Cotinière est libérée.
Les chenillettes du 18ème RCC et un peloton de chars du 13ème Dragons commandé par le capitaine Christian d'ABOVILLE progressent vers Saint-Pierre, en appuie du 2ème bataillon du 131ème RI. Le capitaine BOURGUIGNON, accompagné de volontaires, lance une attaque contre la Kommandantur. Ils font prisonniers une vingtaine d'officiers, dont le commandant militaire de l'île, une trentaine de sous-officiers, qu'ils enferment aussitôt dans le cinéma. A 14 h 30, la ville est prise.
Un officier allemand accepte alors, après bien des tergiversations, de donner l'ordre de reddition à l'ensemble de ses troupes cantonnées dans le nord de l'île. Deux chenillettes de parlementaires sont affrétées avec des officiers Allemands et Français ; elles obtiennent l'arrêt des combats à Chaucre, Saint-Georges et aux Boulassiers (16 h 30), au Douhet, à Saint-Denis (17 h 30) et à Chassiron (18 h 00). Cependant les garnisons des Saumonards et de Boyardville refusent de rendre les armes.
Grâce à la complicité du feldwebel BAGGER, le groupe du résistant Emile SCHWARTZ réussit à neutraliser les 11 mines armées destinées à détruire le port de Boyardville et s'empare du coup du pont tournant sur le port. Pendant 5 heures de violents combats, mettant aux prises les hommes du 3ème bataillon du 158ème R.I du commandant DORBES à des Allemands fortement retranchés et disposant de munitions en nombre suffisant, se déroulent autour des deux derniers forts avant que vers 20 h 15, l'ennemi accepte de capituler. La conquête de l'île d'Oléron est achevée.
Au soir du 1er mai, le bilan de l'opération Jupiter s'établit comme suit : sur les 8 882 combattants français engagés, on déplore 18 tués et 56 blessés ; les Allemands ont perdu une cinquantaine d'hommes pour 60 blessés et 1 700 prisonniers (dont 40 officiers). 50 pièces d'artillerie ennemie ont été capturées. L'artillerie alliée a tiré plus de 27 874 obus alors que 800 tonnes de bombes ont été lâchées par l'aviation.



 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






 

 

 

 

 

ENTRÉE DES FRANÇAIS À LA ROCHELLE ET SAINT TROJAN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 

 

 

 





 

 

 

 
















 

Le Général de Larminat

 

Edgard de Larminat ou le destin tragique du "Général victorieux"
texte de Jacques Bourdigal, ancien chauffeur du général entre 1954 et 1955.

Le général René, Marie, Edgard de Larminat est né le 29 novembre 1895 à Alès dans le Gard. Fils d'un officier des Eaux et Forêts, d'une famille lorraine qui avait donné de nombreux serviteurs à l'Etat. de Larminat fut admis à Saint Cyr en 1914. Il termine la grande guerre avec le grade de capitaite, 4 citations, 3 blessures et gazé.
Après la guerre, il s'engage dans les troupes coloniales, il sera affecté au Maroc en 1919, en Mauritanie en 1923 et en Indichine en 1928.
Il est nommé commandant après avoir fait l'école de guerre, lieutenant-colonel en 1935 et colonel en 1940 à l'âge de 45 ans.
À la déclaration de la 2 ème guerre mondiale, il est chef d'état-major du commandant supérieur des troupes du Levant : le général Mitthelauser fidèle au gouvernement de Vichy.
Le général de Larminat sentant l'hostilité de Mitthelauser à rejoindre le général de Gaulle, décida de déserter avec le plus grand nombre d'hommes et de matriel à destination de la Palestine. Malheureusement il est arrêté et mis aux arrêts de forteresse à Damas. Il s'évade quelques jours plus tard et passe en Egypte.
Arrivé au Caire, il forme le 1 er bataillon d'infanterie de marine. Déchu de la nationalité française et condamné à mort par contumace le 10 juillet 1941, il rallie, en août 1940 le Congo à la France libre. le général de Gaulle le nomme haut-commissaire de l'Afrique équatoriale française. L'été 1942, en Lybie, il commande les deux brigades françaises libres dont l'une, celle du général Koening, le héros de Bir-Hakeim, avec le grade de général de division. Nommé chef d'état-major des forces françaises libres du "désert", il fait la campagne de Syrie et de Tunisie en 1943 avec le grade de général de corps d'armée.
En janvier-février 1944, il est l'adjoint du général Juin commandant le corps expéditionnaire français pour la campagne d'Italie. De Larminat commande "le corps de poursuite". En août 1944, adjoint au général de Lattre de Tassigny, il commande le 2 ème corps d'armée et libére Toulon, mais refuse de continuer à servir sous les ordres de de Lattre. Disponible, le général de Gaulle le nomme commandant en chef du détachement de l'armée de l'atlantique le 22 octobre 1944. Il commande, en majorité des troupes FFI (70 000 hommes) qu'il transformera en régiment d'infanterie. Ce général de 50 ans a pratiquement gagné tous les combats qu'il a livré, en Syrie, Tunisie, Italie, Provence... pour lui, le problème est simple. Quand il prend possession d'un poste, il y a une bataille à livrer et gagner. le général de Gaulle n'admettait pas "que des unités allemandes puissent rester intactes sur le sol français et nous narguer derrière les remparts". Il considérait que "ces forteresses doivent et seront prises par la force".

Mise à jour le Vendredi, 18 Mars 2016 20:50